L’autre jour, resto avec des potes. Table de six. À un moment donné, je lève la tête et là… tout le monde est sur son téléphone. Même moi j’avais le mien dans la main sans m’en rendre compte. C’était flippant.
On entend parler du « phubbing » maintenant (ce truc de snober quelqu’un pour regarder son téléphone). Franchement, j’ai mis du temps à comprendre que c’était devenu un vrai problème. Un peu comme ceux qui passent leurs soirées sur Casinozer (voir le site) au lieu de sortir avec leurs potes – on se retrouve aspiré sans s’en rendre compte.
Le téléphone, ce nouveau membre de la famille
Les chiffres font peur. Genre vraiment. Une étude sur l’exposition aux écrans montre qu’on consulte notre téléphone en moyenne 150 fois par jour. Cent cinquante ! Ça fait une fois toutes les 6 minutes si on dort 8 heures.
Perso, j’ai téléchargé une appli qui compte le temps d’écran. Première semaine : 7 heures par jour. Sept heures ! J’ai halluciné.
Le pire c’est pas juste le temps perdu. C’est tout ce qu’on rate à côté. Ma nièce de 8 ans m’a dit un jour : « Tonton, tu m’écoutes jamais, tu regardes toujours ton téléphone ». Ça m’a foutu un coup.
Les notifications, ces dealers de dopamine
Le truc vicieux avec les notifs, c’est qu’elles sont conçues pour nous rendre accros. Chaque ping, chaque vibration, c’est un shot de dopamine. On devient littéralement des junkies.
J’ai fait le test de tout couper pendant une journée. Résultat :
- J’ai regardé mon téléphone 47 fois « pour voir l’heure »
- J’ai eu l’impression de rater des trucs importants (spoiler : non)
- Le soir j’étais moins crevé mentalement
- J’ai eu une vraie conversation avec ma voisine pour la première fois en 2 ans
Les jeunes et l’info : le grand chamboulement
Ma cousine de 17 ans m’a expliqué comment elle s’informe. TikTok, Instagram, parfois Twitter. Les sites d’actu ? « C’est pour les vieux » qu’elle dit. Sympa.
Mais elle a pas tort quelque part. L’info arrive différemment maintenant. En stories, en vidéos de 30 secondes, en memes. C’est déroutant mais c’est leur réalité.
Ce qui m’inquiète plus, c’est la bulle. L’algorithme te montre ce que tu veux voir. Tu finis par vivre dans un monde où tout le monde pense comme toi. C’est confortable mais c’est dangereux.
L’effet bulle, ou comment on se coupe du monde
J’ai un pote qui est persuadé que tout le monde déteste la coriandre. Pourquoi ? Parce que son feed TikTok lui montre que des vidéos anti-coriandre. L’algo a capté qu’il réagissait à ces contenus et boom, il vit dans un monde sans coriandre. C’est le même principe que l’opposition aux casinos en ligne : les gens voient surtout les arguments qui confirment leur position initiale.
Ça paraît con dit comme ça. Mais remplace coriandre par politique, société, économie… et ça devient moins drôle.
Qu’est-ce qui marche vraiment pour garder de vraies relations ?
J’ai testé plein de trucs. Les détox digitales (je tiens 3 jours max), les applis de limitation (je les désinstalle), les défis sans téléphone (mes potes abandonnent avant moi).
Ce qui fonctionne vraiment :
- Laisser le téléphone dans une autre pièce la nuit
- Mode avion pendant les repas (non négociable)
- Une journée par semaine sans réseaux sociaux
- Appeler au lieu d’envoyer 47 messages
Le plus dur c’est de s’y tenir. On a tous les meilleures intentions du monde mais dès qu’on s’ennuie 2 secondes, hop, le téléphone sort.
Les collégiens, ces cobayes du numérique
Des opérateurs commencent à faire de la sensibilisation dans les collèges. C’est pas trop tôt. Ces gamins ont grandi avec un smartphone dans la main, ils connaissent pas autre chose.
Ma filleule de 14 ans m’a montré ses conversations WhatsApp. 17 groupes différents. DIXSEPT. Un pour la classe, un sans Machin, un sans Bidule, un pour organiser l’anniversaire surprise de Truc… C’est du management de projet à plein temps.
Le stress que ça génère est dingue. Faut répondre partout, faut pas louper une info, faut gérer les embrouilles qui partent en vrille parce que quelqu’un a mal interprété un emoji.
Le cinéma comme miroir de nos dérives
Y’a des festivals de cinéma maintenant qui questionnent notre rapport au numérique. J’ai vu un court-métrage où les personnages communiquaient uniquement par messages. Même en étant dans la même pièce. C’était glaçant parce que… c’est un peu nous en fait.
Le plus flippant c’était la fin. Les personnages se retrouvent face à face sans téléphone et… ils savent plus se parler. Silence total. Malaise absolu.
Alors on fait quoi maintenant ?
Je vais pas faire le mec qui a tout compris et qui donne des leçons. J’écris cet article sur mon ordi, il sera publié sur internet, vous le lirez sûrement sur votre téléphone.
Mais on peut quand même essayer des trucs. Genre vraiment écouter quand quelqu’un parle. Ranger le téléphone quand on est ensemble. Accepter de s’ennuyer parfois.
C’est pas une question de rejeter le numérique en bloc. C’est juste… trouver un équilibre. Parce que là, clairement, la balance penche trop d’un côté.
Et vous, c’est quoi votre truc pour pas vous faire bouffer par les écrans ?