Le Web3, j’y croyais plus trop, et pourtant…

Le Web3, j’y croyais plus trop, et pourtant…

Il y a deux ans, j’aurais parié une pizza que le Web3 était mort. Enterré. Fini. Tout le monde avait déserté Discord, les NFT ne valaient plus rien, et le seul truc qu’on entendait c’était « vous voyez, je vous l’avais dit ». Sauf que là, en rouvrant le sujet cet été, je me rends compte que non. Le patient respire encore. Différemment, mais il respire.

Franchement, ça m’a surpris.

Le Web3 n’est pas mort, il a juste arrêté de crier

Le truc c’est que pendant deux ans, on a confondu « le Web3 fait moins de bruit » avec « le Web3 n’existe plus ». Y’a une différence énorme. Les projets sérieux ont continué à bosser pendant que les gens qui hurlaient « WAGMI » sur Twitter en 2021 sont retournés vendre du dropshipping ou de la formation Amazon FBA.

Le Web3, pour rappel (et je vais essayer de pas être chiant), c’est cette idée qu’internet pourrait ne plus dépendre uniquement de quelques grosses boîtes qui possèdent tes données, ton identité, tes contenus. La blockchain sert de couche de confiance. Toi tu gardes tes clés, tes actifs, tes trucs. Personne peut te débrancher un dimanche matin parce que t’as posté quelque chose qui a déplu à un algo.

Sur le papier c’est beau. En pratique, c’est plus compliqué (je vais y venir).

Les wallets, le vrai baromètre du secteur

Perso je regarde toujours l’état des portefeuilles pour savoir où en est vraiment l’écosystème. Parce que le wallet, c’est la porte d’entrée. Si personne n’installe de wallet, personne n’utilise le Web3. C’est aussi bête que ça.

Et là, surprise : en 2026, on a une vingtaine de portefeuilles crypto sérieux qui se battent sur le marché. Y’a du choix. Beaucoup de choix. Peut-être même trop, d’ailleurs, pour un débutant qui débarque.

Le Web3, j'y croyais plus trop, et pourtant...

Ce qui a vraiment changé côté wallets

Les meilleurs portefeuilles Web3 actuels ne ressemblent plus du tout à MetaMask version 2020, où il fallait un doctorat pour envoyer 10 dollars sans se planter d’adresse. Aujourd’hui les meilleurs proposent :

  • Une gestion multi-chaînes native (fini de switcher de réseau manuellement à chaque transaction)
  • De la récupération sociale, pour éviter de perdre 40 000 balles parce que t’as noté ta seed phrase sur un Post-it que le chat a mangé
  • Des interfaces qui ressemblent enfin à des vraies apps mobiles
  • L’intégration directe avec des dApps, du staking, du swap, sans passer par 12 onglets

Bon, tout n’est pas parfait, hein. Les frais sur certaines chaînes restent délirants aux heures de pointe. Et l’expérience « grand-mère qui veut acheter du Bitcoin » est toujours pas là. Mais on progresse.

Un tableau vite fait pour s’y retrouver

Voilà comment je résumerais le paysage actuel des wallets, sans donner de noms précis (parce que chacun a son préféré et je veux pas déclencher une guerre de tranchée dans les commentaires) :

Type de wallet Pour qui Point fort Point faible
Hot wallet mobile Débutants, usage quotidien Simplicité, rapidité Moins sûr pour de grosses sommes
Hot wallet extension Utilisateurs de dApps Compatible avec tout Vulnérable au phishing
Cold wallet hardware Ceux qui ont vraiment des cryptos à protéger Sécurité maximale Prix, prise en main
Wallet multi-chain avancé Traders actifs, DeFi Tout centralisé au même endroit Interface parfois chargée
Wallet social/récupération Grand public Pas besoin de seed phrase Compromis sur la vraie décentralisation

Le gaming Web3, l’exemple qui m’a fait changer d’avis

Y’a un truc qui m’a franchement bluffé récemment : les jeux Web3 nouvelle génération. Pas les trucs cliqueurs de 2021 où tu jouais à peine et où le seul intérêt c’était de spéculer sur des NFT moches. Non, des vrais jeux.

Je pense notamment à Riftstorm, qui combine IA et blockchain d’une manière assez maline. L’IA est utilisée pour du contenu procédural, du comportement d’ennemis, de la personnalisation. La blockchain sert à la propriété réelle des objets, à l’économie du jeu, aux récompenses. Les deux tirent chacune ce qu’elles font le mieux au lieu de se marcher dessus.

C’est ce genre de projet qui montre que le Web3 a mûri.

Pourquoi ça change tout (ou presque)

Parce qu’avant, on te vendait des NFT en te disant « tu es le propriétaire ». Sauf que tu étais propriétaire de rien de fun. Un jpeg. Bravo. Maintenant, ta propriété a une utilité réelle dans un environnement où tu passes du temps — et encore faut-il savoir accéder aux fonctionnalités cachées pour en tirer le maximum. C’est un peu comme la différence entre acheter une collection de timbres et acheter un vrai bien immobilier — bon, les proportions sont pas les mêmes, mais l’idée y est.

Décentralisation : le mot qu’on utilise à toutes les sauces

Faut être honnête deux minutes. Beaucoup de projets qui se disent « décentralisés » sont en fait contrôlés par 5 mecs dans un Discord. Le token existe, la blockchain existe, mais si demain les fondateurs se cassent, tout s’effondre. Ça, c’est pas de la vraie décentralisation, c’est du storytelling.

La vraie décentralisation, elle se mesure à des trucs concrets : combien de validateurs indépendants, quelle gouvernance réelle, est-ce qu’on peut faire un fork du protocole si les mainteneurs deviennent fous. C’est technique, c’est chiant, et ça se voit pas sur une plaquette marketing.

Le paradoxe c’est que même dans les usages qui semblent totalement à l’opposé du Web3, on retrouve cette obsession de la transparence — regardez par exemple les plateformes de divertissement en ligne comme Lucky31 qui, si vous voulez creuser le sujet du côté sécurité et transparence des transactions vous pouvez en savoir plus, montrent bien que la demande de traçabilité dépasse largement le seul cercle des crypto-enthousiastes.

Bref, le mot « décentralisation » est devenu un peu comme le mot « bio ». Ça veut tout et rien dire selon qui l’emploie.

Ce qui coince encore vraiment

Je vais pas jouer les évangélistes non plus. Y’a des points qui me font tiquer :

  • L’UX reste médiocre pour un utilisateur lambda. Faire une transaction Web3 propre en 2026 demande encore trop d’étapes.
  • Les scams. Les rug pulls. Les faux tokens. C’est mieux qu’avant mais c’est loin d’être clean.
  • La régulation. On sait toujours pas vraiment où on met les pieds, ça dépend du pays, du mois, de l’humeur du régulateur.
  • Le côté « chambre d’écho » du milieu crypto qui refuse de voir ses propres failles.

Ces problèmes vont pas se régler en claquant des doigts.

Alors, on fait quoi ?

Si vous êtes curieux, je pense que c’est le bon moment pour regarder à nouveau. Le bruit médiatique est retombé, ce qui veut dire que ce qui reste c’est du sérieux (ou du très déterminé, ce qui est presque la même chose dans ce milieu).

Installer un wallet, tester une dApp, essayer un jeu Web3, comprendre comment marche une signature de transaction. Deux heures un dimanche. C’est pas mortel.

Perso je vais continuer à suivre. Pas parce que je crois qu’on va tous vivre sur la blockchain en 2030. Mais parce que je pense que certaines idées vont s’infiltrer dans le web classique sans qu’on s’en rende compte. Un peu comme les cookies, les paiements sans contact, ou les vidéos verticales. Ça arrive lentement, et un jour tu réalises que c’est partout.

Le Web3 porté disparu ? Non. Juste sous le radar.